1 juillet 2010

Copies de brevet de maths : grosse déprime

J'ai surveillé l'épreuve de maths du brevet 2010. Dans ma salle, il y a eu :
  • une chaleur de bœufs,
  • un tricheur, qui a envoyé un sms pendant l'épreuve et a refusé de rendre son téléphone quand je le lui ai réclamé,
  • deux élèves qui ont abandonné et ne sont pas revenus aux épreuves suivantes, 
  • un candidat qui s'est endormi,
  • un élève qui m'a emprunté un crayon, me l'a cassé et allait partir avec,
  • un élève complètement boulet qui m'appelait sans arrêt pour que je lui explique le sujet, ce que je n'avais absolument pas le droit de faire. Ses questions sur le problème : "Madame, est-ce que le plafond c'est un mur ?", "Madame, les dalles elles sont de quelle forme ?", "Madame, j'ai rien compris aux prix, vous m'expliquez ?".
Hier, j'ai corrigé trente copies dont j'ignore la provenance. La moyenne est 16/40 et j'ai eu un maximum de 34/40 et un minimum de 0,5/40. Le 0,5 c'est parce que le candidat avait écrit dans le bon ordre "exercice 1" et "exercice 2", et qu'il y a un point de présentation prévu pour ça, même si les 5 lignes de "maths" étaient entièrement fausses (unités, calculs, raisonnements, orthographe...)

Voici quelques phrases terrifiantes recopiées pour vous pendant ma correction, je laisse l'orthographe, la ponctuation et la casse comme sur les originaux :
- "d'après le théorème de Phytage..." (ce fameux Grec)
- "5 litre il faut pour peintre les murs". (5 est faux aussi)
- "Activité géographique" (au lieu de géométrique)
- "Oui il est proportionnel car la courbe n'est pas courbe".
- "Le chiffre cerat 5".
- "L'air de l'octogonale est égal à l'air du disque." (c'est faux)
A la question : "l'octogone est-il régulier ?", la vraie réponse était non et découlait du calcul de JK. Voici mon florilège :
- "oui car chaque cote oposés entre eux on la m mesure" (m portait un accent circonflexe)
- "oui c'est un octogone régulier tout c'est coté on la meme longueur"
- "ou l'octogone IjKlmNOP est régulier par les mesure est repété"

Hé bé ! Heureusement qu'il n'y a qu'un poing d'ortograffe, ses moi ki vous le dit !

27 commentaires:

mamzelle CarnetO a dit…

Ah oui, grosse déprime !
qu'as-tu fait pour le téléphone ? Tu as noté le nom du tricheur ?

Sonia Geffrier a dit…

Bien obligée... Il y a une rubrique "observations" sur le pv de surveillance et on doit signaler tout incident de ce genre au chef de centre.
Le candidat en question ne s'est pas présenté à la suite, donc son brevet ne sera sans doute pas pris en compte cette année.

kamaradclimber a dit…

effectivement c'est terrifiant !

Agnès a dit…

de quoi te faire apprécier tes propres élèves ? ;o)

Sonia Geffrier a dit…

Je les adorais déjà avant ;-)
Je me dis surtout que les correcteurs qui tombent sur nos élèves ont de la chance.

Anonyme a dit…

Quand même, il y en a qui sont forts : c'est plus difficile de faire des fautes pareils que d'avoir 42 sur 40 au brevet.

Anonyme a dit…

Excusez-moi, à "pareils" il y a "lles"

Missmath a dit…

Est-ce que le plafond est un mur ?
S'il s'agit de déterminer une surface à peindre, la question me semble pertinente.

Anonyme a dit…

Je suis consterné par les extraits affligeants relevés sur les copies que vous avez corrigé.

Ces enfants n'ont pas compris grand chose à ce qui leur a été enseigné.La moyenne est elle-même inquiétante. L'enseignement des mathématiques st il compatible avec ce que peuvent comprendre ces élèves ?

Sonia Geffrier a dit…

@Missmath :
Je précise que le calcul de la surface du plafond était une question à part...

@Anonyme (!!) :
Les élèves font de moins en moins d'efforts pour suivre en classe, pour s'entrainer avec les exercices chez eux et pour poser des questions. Ce ne sont pas la capacités intellectuelles qui diminuent, mais les capacités de travail (ou plus exactement le sens de l'effort)

Agnès a dit…

> Les élèves font de moins en moins d'efforts pour suivre en classe, pour s'entrainer avec les exercices chez eux et pour poser des questions.

Qu'est-ce qui te fait dire ça exactement ?

Sonia Geffrier a dit…

Depuis 4 ans j'ai des 2nde et c'est flagrant : à chaque fois que je ramasse inopinément des exercices (environ 1 fois par mois), un quart des élèves n'a RIEN à me rendre, un quart a bâclé le truc, un quart des copies sont identiques (et souvent truffées de fautes mal recopiées), un quart s'en sort à peu près.

En classe, les élèves qui participent (en 2nde) sont mal vus par les autres : ambiance inertie générale, ou mutinerie...

Je crois que ce manque de "sens de l'effort" d'un grand nombre d'élèves va en s'accroissant pour un même élève entre la 6ème et la 2nde. Après, l'élève a fait son choix (le + souvent) d'orientation et il se motive d'autant plus que son projet d'études ou de métier est précis.
C'est mon avis.

MOD a dit…

pour l'exercice sur l'eau et la glace, j'en ai un qui m'a longuement expliqué(un bon paragraphe) qu'il n'y avait pas proportionnalité puisque l'eau est liquide et la glace est solide.....que dire???

Sonia Geffrier a dit…

@ MOD :
Et bien vous êtes tombé sur un élève... givré.
vous a-t-il laissé... de glace ?

Agnès a dit…

Ah ok, je croyais que tu parlais d'une perte du sens de l'effort par rapport au bon vieux temps.

Oui, c'est clair que les adolescents n'ont pas tout à fait la même motivation pour travailler les maths que les 6èmes ;o)

Anonyme a dit…

Moi, en tant qu'ancien élève de troisième et bientôt de seconde, je peux dire que tout dépend de l'établissement.
Si c'est un collège de banlieue, vous pourrez faire tout ce que vous voulez les élèves resteront une bande de c**, les cours particulier, les cours de discpline, ça sert à rien
Il y aura certains élèves qui travaille du début à la fin pour eux et qui se fiche de savoir comment ils sont vus par les autres boufons d'élèves.
Et y'en a qui font des efforts mais eux ils iront pas au dessus de 12 parce que pour être fort en math, il faut travailler depuis la sixième.
Et c'est pas que les élèves font des efforts ou pas parce que les exercices qui sont donnés ne necessitent pas un effort, il faut seulement le vouloir ou être obligé.

Milad

Tev a dit…

@Milad :

"Si c'est un collège de banlieue, vous pourrez faire tout ce que vous voulez les élèves resteront une bande de c**, les cours particulier, les cours de discpline, ça sert à rien"

Es-tu vraiment sérieux?
Si oui, essaye de te pendre.

Sonia Geffrier a dit…

Oùlà là... On se calme un peu. Les seules cordes autorisées sont celles reliant deux points d'un cercle !
;-)

Tev a dit…

On vient de banlieue, on essaye de s'en sortir comme on peut, on encaisse les préjugés et les calomnies engendrés par les médias, on tente de gérer le budget lié à notre scolarité entre bourse et emprunt.
Je suis tombée ici par hasard et je suis consternée de lire tant d'inepties.
Maintenant en études supérieures, on est à la fac, en BTS, en IUT, en école d'ingé (et pas à 6000€ à l'année), en classe prépa.... C'est pas parce qu'on habite dans des tours qu'on est des illettrés. Des "c**s" comme tu dis, y en a partout, à Paris, en province, en banlieue, chez toi aussi apparemment.
Et viens pas me dire "oui mais je disais ça en général" car ce sont à cause de personne à la mentalité si limitée comme toi Milad, que nous banlieusards, nous haïssons le système et que nous faisons tout pour le faire comprendre.

Anonyme a dit…

Y'en a qui essaient de s'en sortir, et d'autre reste des "mauvais"
j'ai jamais dit que tous étaients nuls
moi aussi dans mon collège, ya des gens comme ça

RuBisCO a dit…

En effet, c'est pas une origine qui détermine le travail d'un individu, c'est sa motivation.
Et Sonia, je compatis aux souffrances que ces --rreurs (remplacer par " e" ou "ho" selon la gravité) ont du vous infliger. Que cela doit être dur de voir que des professeurs se démènent pour nous enseigner des choses et que les élèves se fichent de leurs cours.
Je pense à vous, mais aussi à l'examinateur de j'ai eu à mon oral de français, qui a reçu du candidat juste avant moi un "j'en sais rien" à toutes ses questions, et à tous ces profs de maths ou d'autres matières qui ont corrigé les copies des examens de fin d'années.

Sonia Geffrier a dit…

@RubisCO :
Merci. J'ai quand même eu de la chance dans la mesure où je n'étais pas convoquée pour le bac (là, ce n'est pas 1/2 journée d'erreurs, mais une semaine complète !)

Anonyme a dit…

Triste situation. Moi je suis censé avoir la crème de la crème en école d'ingé. Bah je peux vous dire qu'on retrouve ce dégoût de l'effort. La plupart se pointent, ne sortent rien pour prendre des notes, le tout avec un melon d'enfer. Enfin bon, je ne peux pas dire que ça s'empire: j'étais comme eux.

Ceci étant, il y a quelque chose de dérangeant dans le ton de ce billet. Un ton moqueur qui je crois n'est pas étranger à l'absence de questions dans les cours, à la peur de dire des âneries des élèves. Je sais bien que c'est tentant de les rabrouer, mais je crois que c'est une erreur.

Sonia Geffrier a dit…

Avec mes élèves que je connais, je fais un travail sur l'erreur, l'auto-correction etc., mon but n'est pas de les casser ou d'empêcher les questions, au contraire !
Et quand je corrige d'autres élèves, je me rends compte de la chance que j'ai avec les miens... Ils doivent un peu décourager leurs profs.

Ophelie Koïnonia a dit…

Certains jeunes font de grossières erreurs, je l'avoue. Étant donné que j'ai passé le brevet l'année dernière, je trouve que lorsque le professeur (et correcteur dans votre cas) demande le respect aux élèves et ensuite que vous postez une horreur sur votre blog après, c'est monstrueux. Personnellement j'ai d'excellentes notes en maths mais quand un prof réagit comme vous, franchement, les maths deviennent une phobie. Plutôt qu'en rire ayez pitié et aidez les car c'est de la faute des professeurs si arrivés au brevet les élèves échouent. Ils ne savent pas enseigner comme il faut, c'est tout. Avoir une moyenne aussi basse au brevet, ce n'est pas normal. Quand les profs font leur travail, au moins une minorité d'élèves suivent comme il le faut. Les maths peuvent être intéressant si l'on donne de l’intérêt tout autant aux maths qu'aux élèves.

Sonia a dit…

"Plutôt qu'en rire ayez pitié et aidez les car c'est de la faute des professeurs si arrivés au brevet les élèves échouent"
Comment dire...
Et si les élèves écoutaient mieux en classe ?
Et s'ils faisaient VRAIMENT leurs exercices ?
Et s'ils étaient dynamiques à l'oral ?
Je crois que chaque prof doit se remettre en question, et que chaque élève doit le faire également !
Je crois que c'est la 1ère fois que je me fais traiter de "monstre" dans le cadre de mon boulot... De la part d'une élève dont je ne connais pas le profil et qui ne me connaît pas en tant que prof, je ne me sens pas très inquiète.
(Pour info : j'ai CHOISI ce boulot, je suis au moins aussi déçue que les élèves en échec).

Vanessa a dit…

Les résultats des maths sont souvent catastrophiques. Mais cela est assez drôle quand on y pense. Par contre, pour le professeur, c'est un signe d'échec. Dans votre cas, je pense que vous corrigiez plus les fautes de français que les maths proprement dits.

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