4 juillet 2012

Emission radio sur Grothendieck


Le trésor oublié d'un génie des mathématiques.
Alexandre Grothendieck est considéré comme un des plus grands mathématiciens du XXème siècle. A 84 ans, il vit reclus au pied des Pyrénées. Le fruit des recherches entre 1970 et 1991 dort dans des cartons. La communauté scientifique rêve d'y avoir accès.

 C'est un cagibi, à l'université de Montpellier. A l'intérieur, cinq cartons sont entreposés. Il contiennent 20.000 pages de notes. Depuis plus de vingt ans, personne ne peut y toucher. L'auteur de ces notes a interdit leur publication. Pourtant, ces documents ont une valeur immense. Ils contiennent peut-être la clé de la "théorie des motifs", le "graal des mathématiques", la source de la discipline, le lien entre les théories.

L'homme qui a noirci toutes ces pages s'appelle Alexandre Grothendieck. Les spécialistes le tiennent pour un génie, l'équivalent d'Albert Einstein pour la physique. Dans Libération, Philippe Douroux raconte son destin hors du commun. En 1939, à l'âge de onze ans, le petit Alexandre, jeune immigré venu de Berlin, découvre les mathématiques. Il est fasciné. Il étudie d'abord à Montpellier, puis à Paris. Il va voir deux figures des maths, Laurent Schwartz et Jean Dieudonné. Les deux enseignants lui confient quatorze questions dont ils n'ont pas les réponses. Six mois après, le jeune homme revient. Il a tout résolu. Il a seulement vingt ans.

Sa carrière s'accélère. Grothendieck devient un pilier des mathématiques. Chaque mardi, il donne un séminaire. Surtout, il noircit des milliers de pages, le fruit des ses recherches. En 1966, il reçoit la médaille Fields, l'équivalent du prix Nobel dans sa discipline.

Puis, c'est la cassure, la rupture. Nous sommes en 1968. Alexandre Grothendieck assiste au mouvement étudiant et se convertit brusquement à l'écologie radicale. Il rompt avec la recherche scientifique. Il estime qu'elle est dévoyée.

Il revient à Montpellier, enseigne à la faculté. A sa façon : par exemple, il propose de tirer les notes au sort ou de mettre 12 à tous les étudiants. Il reprend l'écriture mathématique, mais dans son coin. En 1991, il rompt pour de bon. Il confie toutes ses notes à un de ses anciens élèves et va s'installer, seul, dans un village au pied des Pyrénées. Il refuse de voir qui que ce soit. Aujourd'hui, il a 84 ans.

Dans Libération, Philippe Douroux explique que Grothendieck est devenu un mythe. Il a des admirateurs dans le monde entier, des mathématiciens qui rêvent d'ouvrir ces cinq cartons entreposés à Montpellier. L'université a peut-être trouvé la solution. Il s'agirait de décréter officiellement que ces notes constituent un "trésor national". Leur contenu pourrait alors être numérisé. Le trésor serait enfin partagé.

Pour en savoir plus sur ce mathématicien, lisez l'article du site Image des maths du CNRS qui lui est consacré.

1 commentaire:

A-C a dit…

Moi j'en conclus qu'il ne faut pas être écologiste radical ;-)

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