19 juin 2021

Filles et maths, Filles et sciences : ressources et lectures


 

Dans les thématiques qui me tiennent à cœur dans mon métier, il y a "les filles et les maths".

Je trouve que nos élèves filles se mettent très jeunes des barrières vis-à-vis de notre discipline qu'elles considèrent comme technique ou masculine, et que certaines de leurs mères les "enfoncent" dans ce cliché : "On est nulles en maths de mère en fille, dans la famille... Les maths, c'est son père".

Le phénomène est généralisable aux sciences dites "dures" comme la physique ou l'informatique.

Pour enrichir mon expérience d'éléments factuels et statistiques, et trouver des pistes, j'ai participé à l'automne 2020 au colloque organisé par Femmes et Sciences sur le thème "Orientation des filles vers les sciences : état des lieux et leviers".

J'ai également suivi en différé en mars 2021 la conférence d'Isabelle Régner (prof. psycho sociale à l'Université Aix-Marseille) lors du Grand Forum des Mathématiques Vivantes intitulée :  "L’influence des stéréotypes de genre sur les performances et les auto-évaluations en mathématiques chez les enfants"

Dans les deux cas, c'était passionnant !  

Analyse historique et sociologique (quelle place pour la femme dans la société et dans la classe ?), description des stéréotypes de genre/de sexe, constats pédagogiques, analyse des pratiques des enseignants, analyse des jouets, des manuels scolaires etc. Je vous invite à revoir la vidéo ci-dessus.

J'ai participé aussi à l'atelier sur ce thème lors du Salon des mathématiques 2021 en ligne et j'ai été surprise et déçue qu'il y ait seulement une poignée d'enseignants inscrits ; c'est un thème qui mobilise peu... Je m'en étais également rendue compte en mars, lorsque j'ai été invitée par nos IPR à être jurée des entretiens professionnels des lauréats de concours 2020 (NB : ceux qui n'ont pas passé d'oral en raison du contexte sanitaire l'an dernier). Mme Catherine Huet, IA-IPR de Versailles, qui était en binôme avec moi, m'a encouragée à aborder ce thème en fin d'entretien avec les collègues-stagiaires, au sein de la grande thématique "valeurs de la République / égalité à l'école". Je me suis dit qu'il faudrait que tous les enseignants aient au moins un module de sensibilisation à ce thème de l'orientation des filles vers les sciences, et la lutte contre les stéréotypes dans ce domaine... et pas seulement les quelques enseignantEs qui s'y intéressent déjà, et pas seulement les profs de lycée car c'est bien tard pour rattraper les choses...

[mise à jour 21/06/21 : Les Journées Nationales de l'APMEP d'octobre prochain à Bourges proposent un atelier D1-14 "Les stéréotypes de sexe au coeur de la classe de mathématiques, avec Anne BOYE => collègues, allez-y !]

Voilà pour la théorie.

Et en pratique pour mes élèves ?

Les Sacamaths qui circulent dans mes classes de 6è avec des livres et des jeux sont un support idéal pour présenter des modèles féminins totalement inconnus des élèves : Emmy Noether, Maryam Mirzakhani, Sophie Germain, Émilie du Chatelet, Hypatie, Ada Lovelace, Katherine Johnson entre autres, et la présentation de l'effet Matilda (appropriation d'une découverte d'une femme de science par son mentor). Il y a des BD, des albums illustrés, des essais, des romans d'aventures, et des jeux de sept familles ou assimilé. 

=> Les retours des élèves filles sont très clairs : elles sont admiratives, elles sont curieuses d'en savoir plus, elles aiment voir des femmes qui se battent pour leurs idées, qui se rebellent, qui s'enthousiasment pour une science. L'adolescence est donc un très bon moment pour sensibiliser nos jeunes, et pas seulement les filles ! Le seul bémol que je formulerais est l'existence de l'effet Marie Curie : si on ne présente que des femmes scientifiques exceptionnelles, on risque d'être contre-productif en laissant croire qu'il n'est pas possible d'être "femme normale ET scientifique".

En 6è, je donne régulièrement une consigne de "falsification du stéréotype de genre" : j'indique par exemple aux élèves juste avant la Course aux Nombres "Les filles et les garçons réussissent aussi bien les uns que les autres ce type d'épreuve". Je le dis indépendamment de toute observation statistique des résultats de mes classes lors des entrainements de la Course aux Nombres, mais le simple fait de le dire, va améliorer la confiance des filles et les faire mieux performer.

Autre piste : depuis l'an dernier, je propose à mes lycéennes (1è spé) et mes collégiennes (4è) de s'inscrire à des événements "Filles et maths / info : une équation lumineuse" ou au Rendez-vous des Jeunes Mathématiciennes et Informaticiennes (RJMI) qui sont des formidables leviers pour désarmer les stéréotypes chez les filles elles-mêmes. Conférences scientifiques, ateliers sur les stéréotypes, pièce de théâtre dont on modifie la fin, speed-meetings avec des doctorantes ou des chercheuses, recherche collective de problèmes ouverts...

=> Le programme recueille l'adhésion des jeunes filles.

Je propose également dans notre ENT dédié aux classes de 1è-terminale un certain nombre de ressources et d'actualités "Sciences au féminin", avec notamment des portraits et des témoignages de femmes scientifiques ordinaires ou extraordinaires. Cette année, par exemple, il y a eu un prix Nobel de Chimie au féminin ! Et je poste aussi les liens des podcasts sur ce thème, comme l'excellent Sophie Germain Project de Sylvie Dodeller et les liens vers les chaînes des Youtubeuses de renom : Tania Louis, Scilabus de Viviane Lalande etc.

Au fur et à mesure, je me suis constitué un dossier de favoris et une bibliographie spécifique que je vous partage, si vous souhaitez vous aussi avoir des ressources :

Si vous placez la souris dans le coin supérieur droit du PDF, vous avez la possibilité d'ouvrir le PDF dans une nouvelle fenêtre et de le télécharger.

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