30 septembre 2010

Citation célèbre

Quand Missmath intitule un de ses billets "citation célèbre", le contenu est en fait un bon mot, une perle produite par quelqu'un de son entourage, collègue ou élève.
Je reprends à mon compte ce principe pour vous partager un instant surréaliste du cours de maths sur les suites de fonctions et les séries de fonctions auquel j'assistais ce matin. Que ceux qui veulent un peu de culture cliquent sur les liens.

Une stagiaire : "Quelle est la différence entre une série de Riemann et une somme de Riemann ?"
Le formateur (Bertrand Jeuris) : "C'est simple, c'est la même différence qu'entre un maréchal des logis et un maréchal de France !"

(Bâton de maréchal de France)

29 septembre 2010

Le monde à l'envers : la rentrée des grands

N'hésitez pas à mettre en plein écran pour la lecture.
Merci à Boulie pour le lien !

28 septembre 2010

Une nouvelle plus longue suite de nombres premiers

Deux mathématiciens français, François Dress et Bernard Landreau ont battu un record dans le domaine des nombres premiers, en créant un polynôme inédit. Il s'agit de la plus longue suite de nombres premiers tirés des valeurs consécutives prises par un polynôme.

Lire l'article détaillé sur Science et Avenir.fr 
Consulter la page perso de F.Dress

27 septembre 2010

Professeurs, à vos blogs !

(Où mes intentions sont décryptées... ;-))

Par Vincent Olivier, Fondateur du portail lewebpedagogique.com

Comment un professeur de collège ou de lycée peut-il garder le lien avec les «digital natives» que sont maintenant tous ses élèves? Par exemple en ouvrant un blog et en établissant un dialogue interactif avec eux. Une méthode qui se développe et qui renforce la relation professeur-élève.

Les élèves qui sont aujourd'hui au collège, qui ont entre 10 et 15 ans, ont grandi avec internet. Ils sont, selon l'expression créée par Marc Prensky, des «digital natives», nés dans la culture numérique. Avec le média numérique, qui est devenu son média de référence, toute une génération s'est construit un rapport particulier à l'information et des nouveaux modes de socialisation. En France, depuis environ dix-huit mois, les jeunes passent, selon les sondages, plus de temps sur l'internet que devant la télévision, une majorité des 10-25 ans est active sur Facebook: cette évolution n'a pas échappé aux profs...

Dans ce contexte, la question qui se pose au corps enseignant n'est plus «y aller ou pas?», mais «comment en faire bon usage?». Pour des adultes qui n'ont pas grandi dans cet univers, comment s'adapter et comment faire évoluer ses pratiques pédagogique? De nouvelles perspectives s'ouvrent, mais aussi des difficultés nouvelles.
Certes, l'équipement n'est plus un réel problème. Il l'était il y a 4 ou 5 ans, il ne l'est plus. Les conseils régionaux ont fait des efforts pour les lycées, les conseils généraux pour les collèges (le mouvement est moins évident dans le primaire, mais ce n'est pas très grave, car là, il faut d'abord apprendre à lire et écrire) Il y a en tout cas un niveau suffisant de matériel dans les écoles pour que ce ne soit plus un prétexte à ne pas y aller. C'est encore plus vrai à la maison, où les jeunes se débrouillent, quel que soit leur niveau social. C'est vrai aussi pour les professeurs qui, en tant que catégorie socio-professionnelle, sont plus équipés que la moyenne de la population française.
 
RECHERCHER L'INFORMATION AILLEURS QUE SUR GOOGLE

Les difficultés relèvent plus du développement des usages. Comment faire un usage pédagogique de l'internet, et le mettre au service de la formation des citoyens?

Il y a d'abord la question de la recherche de l'information. Les enfants ont grandi avec Google, et avec l'idée que toute l'information y est accessible: «je vais sur Google, je vais trouver». Les adultes aussi «googelisent» mais savent qu'il y a aussi de l'information ailleurs: ce n'est pas parce que ce n'est pas sur Google que l'information n'existe pas. Les enfants eux ont l'impression de savoir, mais ils ne savent pas chercher. L'accès à l'information est un vrai sujet, et le professeur peut y jouer un vrai rôle de guide et de passeur.

Le professeur ne peut plus non plus ignorer les questions de socialisation ouvertes par l'internet. L'internet perturbe, pour le pire ou le meilleur, les modes de socialisation du citoyen. Comme la mission première du professeur est de former un citoyen, il ne peut plus le faire sans avoir intégré une formation au bon usage des outils numériques. Les professeurs en sont d'ailleurs tous conscients.

Une des approches possibles pour le professeur est d'utiliser un outil simple: le blog. Cela a été le sens de notre approche en fondant lewebpedagogique.com qui accueille aujourd'hui 18.000 professeurs sur un portail et leur permet, en plus de leur travail en cours, de publier des documents et d'entrer, par un autre moyen que la présence physique, en relation étroite avec leurs élèves.

Il n'y a pas opposition ou antagonisme. Ces blogs pédagogiques fonctionnent bien car ils sont dans le prolongement naturel de la relation que le professeur a avec sa classe. Cela reste une relation entre un individu et un groupe, pas une relation entre deux individus. Le modèle de la classe est universel, et c'est un modèle qui ne date pas d'hier. C'est un modèle abouti, c'est le cœur de la pédagogie dans le monde entier. Donc il n'y a aucune raison de le changer et l'internet ne le change pas significativement.

LIENS HYPERTEXTE ET DIALOGUE INTERACTIF

Le professeur se pose la question: qu'est ce que je peux faire qui va venir en complément de ma discipline, pas en opposition? Le blog y répond bien.

D'abord, le blog incite à une écriture hyper-textuelle. On fait des liens vers des vidéos, des sites, des images. C'est une démarche très classique. De tous temps, les professeurs ont étayé leur cours avec des documents, des cartes et de textes. Le professeur n'est pas le seul producteur mais il est aussi le passeur, celui qui connaît, bien au delà de Google, des sources multiples d'informations, qui les a triées et qui montre des documents pertinents.

Ces liens vont lui permettre de renouveler sa discipline, de la rendre plus attirante. Quand, en langue vivante, vous prenez une bande d'annonce originale d'un film américain et que vous demandez aux élèves d'y mettre un commentaire, vous avez une approche très attractive, votre cours s'inscrit dans la réalité.

Ensuite, le blog apporte d'autres canaux au rapport professeur-élève. Soit qu'on leur demande, soit qu'ils le fassent volontairement, les élèves peuvent poster des commentaires, poser des questions, réagir. Les échanges dans la classe sont quelquefois complexes, intimidants. Sur le blog c'est naturel, l'élève maîtrise sa prise de parole sans la pression de ses pairs.

Il est important de noter que le professeur voit l'interactivité avec ses élèves accrue et son rôle renforcé. C'est le professeur qui maîtrise son blog. S'il y a un commentaire désobligeant, il ne le publiera pas. C'est lui qui choisit les ressources, il est maître du choix et de la validation des documents. Il est donc bien celui qui fait le tri dans le foisonnement des informations du net et le médiateur.

LE RÔLE RENFORCE DU PROFESSEUR MÉDIATEUR

Comment les professeurs utilisent-ils ces blogs? Les usages qu'on observe sont très variés.

Le plus immédiat est le blog «cahier de textes». Voilà ce qu'on a fait aujourd'hui et ce que l'on va faire demain. C'est très simple mais cela permet d'ouvrir l'espace. Cela change en outre profondément la relation avec les parents qui peuvent savoir où leur enfant en est dans son apprentissage.

Il y a ensuite, c'est le plus répandu, le blog qui est un complément du cours: «ce matin, je vous ai parlé du général de Gaulle, allez voir la vidéo sur le site de l'INA».

Et puis il y a de plus en plus de «blogs de classe», avec des journaux collaboratifs d'élèves, des exposés en ligne, etc... Le professeur met ainsi l'élève en position de producteur. C'est une pédagogie de projet, très pratique en langue vivante et en français.

Il y a aussi bien sûr des démarches d'établissements ou de centres de documentation, qui sont souvent un point fédérateur. Mais l'essentiel reste le blog personnel de professeur, qui correspond d'ailleurs à la spécificité de l'identité culturelle française. Depuis Jules Ferry, il y a un principe d'autonomie du professeur, qui, une fois qu'il a refermé la porte de sa classe, est le maître à bord. Dans le cadre des programmes fixés, il choisit ses outils, ses méthodes. C'est pour cela que l'approche du blog fonctionne bien

Et elle marche d'autant mieux qu'elle procure au professeur un plaisir d'auteur. L'accès au blog pourrait être fermé, avec des codes identifiants, mais ce n'est généralement pas le cas. Le site est ouvert aux élèves, aux parents, aux anciens élèves et...aux curieux. Certains professeurs ont 20 ou 30.000 visites par mois sur leur blog. On est dans une logique de classe ouverte, de partage de connaissances.

Les professeurs ont ainsi le plaisir de trouver d'autres élèves..
.

(Propos recueillis par Yves de Saint Jacob)
Source : Le Monde.fr du 20/09/10 via Marine D. 

 

25 septembre 2010

Résultats du projet Google 10 puissance 100

Le géant Américain de la recherche en ligne dévoile aujourd’hui les lauréats du concours organisé dans l’optique de l’attribution d’un soutien financier à hauteur de 10 millions dollars au profit de 5 projets susceptibles d’améliorer nettement le quotidien. Or, le succès rencontré par ce projet a été pour le moins considérable : « Nous avons reçu plus de 150 000 idées, émises par des milliers de personnes dans plus de 170 pays. Nous avons réduit ce nombre jusqu’à obtenir les 16 idées finalistes que nous avons soumises à un vote public. »
Dès lors, il convient de citer les 5 lauréats de cet immense concours Google :

1 : Offrir un accès en ligne libre et gratuit à des contenus éducatifs :   
« L’organisme Khan Academy est une organisation à caractère éducatif et à but non lucratif, qui propose gratuitement des formations de grande qualité, ouvertes à tous dans le monde entier. Ces formations sont disponibles via une bibliothèque en ligne incluant plus de 1 600 vidéos éducatives. Nous octroyons 2 millions de dollars américains à cet organisme, afin de l’aider à créer davantage de formations et de lui permettre de traduire sa bibliothèque principale de formations en différentes langues, parmi les plus parlées dans le monde. »

2 : Améliorer l’enseignement scientifique et des sciences de l’ingénieur : 
« L’organisme FIRST est une organisation à but non lucratif qui assure la promotion de l’enseignement des sciences et des mathématiques dans le monde entier, via une compétition par équipes. Elle a pour objectif d’encourager les jeunes à développer leurs compétences scientifiques et technologiques en les faisant bénéficier d’une expérience réelle du monde du travail, grâce à une collaboration avec des ingénieurs et scientifiques professionnels, afin qu’ils deviennent des précurseurs dans ces domaines. Cet organisme doit recevoir une subvention de 3 millions de dollars américains, destinée à favoriser le développement et le lancement de nouveaux programmes de financement d’équipes d’étudiants dans le domaine de la robotique. Cela devrait permettre la participation d’un plus grand nombre d’équipes d’étudiants aux activités de l’organisme FIRST. »

3 : Aider à comprendre les institutions gouvernementales : 
« Public.Resource.Org est également une organisation à but non lucratif, qui s’est penchée sur l’accès en ligne des citoyens aux documents gouvernementaux publics aux États-Unis. Soucieux de favoriser l’accès en ligne de tous les citoyens américains à ces documents, nous accordons 2 millions de dollars américains à l’organisme Public.Resource.Org. »

4 : Favoriser l’innovation dans les transports publics :  
« Shweeb est un concept de transport individuel en milieu urbain pour des trajets courts et moyens, dans des nacelles à pédale lancées sur un monorail. Nous proposons la somme d’1 million de dollars américains pour financer la recherche et le développement de la technologie Shweeb, afin qu’elle puisse être testée en milieu urbain. »

5 : Dispenser un enseignement de qualité aux étudiants africains :
« L’institut AIMS (African Institute for Mathematical Sciences) est un centre d’enseignement spécialisé dans le domaine des mathématiques, de la science et de la recherche situé au Cap, en Afrique du Sud. Son principal objectif est l’élaboration d’un programme de formation d’un an pour les jeunes diplômés, afin qu’ils puissent développer des compétences et acquérir des connaissances avant d’entamer un Master et un doctorat (PhD). Nous accordons 2 millions de dollars américains à cet institut afin de financer l’ouverture d’autres instituts AIMS, dans le but d’encourager l’enseignement des mathématiques et des sciences aux jeunes diplômés en Afrique. »

On ne sait pas si ces projets vont « changer le monde », mais ces subventions auront le mérite de leur donner un gros coup de pouce pour développer leurs idées. Cette annonce intervient à trois jours du douzième anniversaire officiel de Google.

Sources : Ceriseclub et Zorgloob

Nouveau nombre en vogue : le trillion (hélas)

Je vous ai déjà parlé des très-très-très grands nombres.
Nicole M. atttire aujourd'hui notre attention sur le trillion, qui fait malheureusement l'actualité économique ces derniers temps :


La Croix, 20 septembre 2010

Avec l’envolée des dettes publiques et la sous-évaluation persistante de certaines monnaies, comme le yuan chinois, une nouvelle unité de mesure est en vogue : le trillion.
Soit mille milliards, selon « l’échelle courte » utilisée au Brésil et dans les pays anglo-saxons, ou au niveau international en économie, où un billion signifie un millier de millions, et un trillion équivaut à un million de millions (donc mille milliards).
Le méga-plan de relance de la Chine, annoncé l’an dernier, atteint 4 trillions de yuans, soit environ 400 milliards d’euros.
L’endettement des États-Unis avoisine les 13 trillions de dollars, soit 10 trillions d’euros.
Les membres de l’Union européenne auront, quant à eux, emprunté 1,6 trillion d’euros sur les marchés cette année.
Certains ne manqueront pas de noter que ces commodités de lecture et d’écriture ne masquent pas toujours les déséquilibres économiques croissants.