3 mars 2024

Matheuses. Les filles, avenir des mathématiques

J'ai reçu récemment le livre Matheuses. Les filles, avenir des mathématiques paru le 25 janvier dernier, aux éditions du CNRS. Merci au service presse du Cnrs et à ma sœur qui ont eu la même bonne idée, j'ai pu offrir un exemplaire à une collègue qui m'a bien aidée sur les projets "Sciences au féminin" en 4è cette année !


C'est un ouvrage ambitieux, qui parle de maths mais surtout des liens qu'entretiennent les filles avec les maths : les filles sont nettement moins nombreuses à investir les maths au lycée et dans le supérieur, pourquoi ?

Matheuses est écrit à six mains, par Clémence Perronnet, Olga Paris-Romaskevich et Claire Marc. 

Portrait des autrices © Claire Marc pour « Matheuses »

Clémence Perronnet est chercheuse en sociologie rattachée au Centre Max Weber, également autrice de La bosse des maths n'existe pas. Rétablir l'égalité des chances dans les matières scientifiques (éditions autrement, 2021).

Olga Paris-Romaskevich est chercheuse en mathématiques au CNRS sur les systèmes dynamiques. Elle a contribué à l'organisation du stage mathématique Les Cigales (2020-2023). Les stagiaires des Cigales sont la population étudiée et interrogée pour ce livre Matheuses. Avec Marie Lhuissier (fabuleuse conteuse mathématique) Olga est co-fondatrice de l'association Mathématiques Vagabondes. Dans ses travaux de diffusion, elle a notamment participé à l'écriture des séries Voyages au pays des maths (Arte) et La Grande Aventure des maths (Lumni). Ces séries sont extras pour les lycéens et le grand public ; j'en ai déjà projeté quelques épisodes à mes élèves de 4è sur les pavages, les probas ou Émilie du Châtelet par exemple.

Claire Marc est titulaire d’un master en océanographie et d’un master de médiation scientifique. Elle dirige son agence de communication scientifique Méduse Communication afin que chaque citoyen puisse se réapproprier les sciences. Elle est co-autrice de l’ouvrage Tout comprendre (ou presque) sur le climat, lauréat de la médaille 2023 de la médiation scientifique du CNRS. C'est elle qui a illustré et mis en images Matheuses.


Dans le livre Matheuses, on trouve quoi ?

C'est un livre de sociologie grand public et illustré, pour comprendre les inégalités en maths. Les chapitres ont tous pour titre une question permettant d'aborder un thème :

  • FAMILLE : Faut-il avoir des parents scientifiques pour réussir en maths ?
  • INTELLIGENCE : Faut-il être intelligente pour réussir en maths ?
  • INNÉ : Être forte en maths, c'est inné ou ça s'apprend ?
  • ORIENTATION : Pourquoi les filles sont-elles beaucoup plus nombreuses en médecine qu'en mathématiques ?
  • INFORMATIQUE : L'informatique rebute-t-elle les filles ?
  • CONFIANCE EN SOI : Pourquoi les filles ont-elles moins confiance en leurs capacités en maths que les garçons ?
  • ÉLITISME : Les maths sont-elles réservées aux élites ?
  • RACISME : Ne suis-je pas une mathématicienne ?
  • NON-MIXITÉ : Les actions non mixtes sont-elles un levier efficace pour l'égalité ?
  • MODÈLES : Les modèles féminin créent-ils des vocations chez les filles ?

Chaque chapitre comporte des éléments statistiques soit basés sur la population générale du lycée, soit sur les stagiaires des Cigales. On a donc des infographies très claires et pour certaines joliment illustrées. Il y a des éléments de sociologie : le constat, l'analyse, les éventuels leviers pour faire bouger les lignes. Je trouve que c'est très intéressant par la diversité des angles d'approche du sujet (rôle des parents, rôle des enseignants, rôle des camarades, rôles-modèles, racisme, inné ou acquis).

Les témoignages oraux des adolescentes sont donnés tels quels dans des bulles façon BD, ça donne un côté authentique et frais ; on a l'impression d'entendre certaines de nos élèves. Parfois en lisant j'avais de la peine pour certaines d'entre elles, envie de répondre à leurs bulles en donnant des conseils, en rassurant, en les questionnant pour aller plus loin...

C'est un livre qui se revendique féministe, mais qui n'est pas "extrémiste" dans le féminisme. En effet, il n'y a pas d'agressivité car "il ne s'agit pas de chercher un coupable, mais de trouver des solutions" pour reprendre une phrase que mon père aimait utiliser dans son boulot.

Dans le livre Matheuses, j'ai aimé :

  • L'abondance des sources et ressources en fin de chaque chapitre : on y trouve la biblio des études scientifiques et sociologiques, et une rubrique "En savoir plus..." avec podcasts, livres, films, articles de vulgarisation, sciences dans la fiction etc. Personnellement, les premières références me donnent confiance dans le sérieux de l'ouvrage : ce n'est pas subjectif, c'est établi. Ensuite, les ressources grand public me donnent envie d'aller plus loin quand je ne les connais pas déjà 😏
  • Chaque chapitre s'achève sur un problème de maths sympa : les sujets sont appétissants et variés, conçus comme des intermèdes. Ils permettent d'accéder à une démarche de recherche et certains possèdent encore des problèmes ouverts. On explore par exemple les Amidakujis chers à Alice Ernoult, la formule de Pick pour les aires sur quadrillage, la broderie hitomezashi, les polynômes commutants, les marches aléatoires etc. Des indices et des défis guident la lectrice ou le lecteur ; des solutions sont esquissées en fin d'ouvrage => Je trouverais ça chouette que le fait de posséder le livre donne accès à un PDF des problèmes pour pouvoir les utiliser en classe ou en club maths.
  • Les illustrations et la maquette : Ce livre est plus épais que ce que j'imaginais quand je voyais seulement la couverture sur les réseaux sociaux, heureusement qu'il n'y a pas que du texte... Le découpage en petits paragraphe alternant avec des graphiques, des témoignages illustrés, des portraits "tendres et réalistes", des concepts mis en images, rend la lecture beaucoup plus fluide. Cela reste quand même ambitieux comme lecture pour une jeune fille qui se poserait des questions, mais un "picorage" est possible selon ce qui l'intéresse.
  • Apprendre encore sur les inégalités de genre en sciences. Les témoignages des filles sont édifiants, et pourtant, elles sont toutes inscrites à un stage de maths, donc a priori plutôt motivées par les maths et probablement stimulées par leur entourage (famille ou enseignants). Les attitudes des enseignants sont scrutées et instructives (hommes ou femmes). Le chapitre sur la non-mixité m'a confortée dans la nécessité de promouvoir les initiatives comme les RJMI ou les speeds-meetings avec des lycéennes par les associations Animath et Femmes & Maths. Dans mon collège nous avons vécu hier une matinée Sciences au féminin pour les filles de 4è avec l'association Elles bougent... j'y reviendrai bientôt ici 😊

© Claire Marc pour « Matheuses »
© Claire Marc pour « Matheuses »

Les photos sont des extraits de pages du livre : © Claire Marc pour « Matheuses » CNRS Editions

Pour en savoir plus :

- le site compagnon du livre Matheuses 

- Une conférence donnée par C. Perronnet et C. Goldstein aura lieu à l'IHÉS le jeudi 4 avril 2024 à partir 17h30. Renseignements et inscriptions sont accessibles sur la page d'actualités de l'IHES. 

- Podcast : émission Zoom zoom zen du 5  février 2024 animée par Matthieu Noël, avec Clémence Perronnet comme invitée. Filles, maths et humour au programme.

23 janvier 2024

Nuit de la lecture 2024 : Cassez les codes !

Vendredi 19 janvier, notre collège a proposé aux élèves de CM2, 6è et 5è et leurs parents une soirée Nuit de la lecture. Un programme alléchant et varié permettait de se promener dans l'univers de la lecture, depuis le théâtre jusqu'aux mangas, en passant par les contes africains, les lectures en Anglais ou les codes secrets... Pour l'organisation, les enseignants ont reçu un super coup de pouce de la part des lycéens "ambassadeurs culture".

Pour ma part j'ai animé un atelier intitulé "Lire autrement : Cassez les codes !" dont le but était d'initier les élèves à la cryptographie et au braille. Comme thème de messages secrets, j'avais choisi des expressions comportant des parties du corps, en raison de la thématique nationale des Nuits de la lecture 2024 : le Corps. Les supports sont en PDF en bas de ce post ; si vous voulez une version modifiable, signalez-vous en commentaire ou sur mon mail académique (Sonia Marichal Versailles).



Sur une table, les élèves pouvaient feuilleter divers livres en rapport avec la cryptographie, notamment ceux-ci :

 PDF des énigmes (solutions à l'avant-dernière page)

9 janvier 2024

Podcast : Tête-à-tête chercheuse(s)

Nathalie AYI est chercheuse en mathématiques et maître de conférence à Paris Sorbonne Université. Elle est très active dans la diffusion des mathématiques auprès des jeunes, et notamment des jeunes filles. 

C'est l'une des femmes scientifiques dont le portrait a été fait par l'association Femmes et mathématiques pour l'exposition "Mathématiques, informatique... avec elles !". Elle nous a d'ailleurs très gentiment enregistré en 2023 une petite invitation audio à destination de nos élèves, j'en ai parlé précédemment ici.

Nathalie a été choisie pour être l'une des ambassadrices de la Maison Poincaré (musée des mathématiques) qui a ouvert le 30 septembre 2023 :

Depuis deux saisons, elle anime le podcast Tête-à-tête chercheuse(s) ; il s'agit de conversations entre elle et une chercheuse ou un chercheur en mathématique. Elle déroule le parcours d'étude de son invité(e), depuis le lycée jusqu'à son poste actuel, lui fait raconter une journée type de son boulot, lui donne carte blanche sur une rubrique, l'invite à partager des recommandations ou des coups de cœur scientifiques (site web, livre, podcast) etc.

 


À ce jour, 25 épisodes longs ou des extraits ont été diffusés. Parmi les invités, des noms qui m'étaient tout à fait inconnus et des "célébrités" (dernièrement Laure Saint-Raymond, Hugo Duminil-Copin).

Ce soir, Nathalie a lancé un "appel à témoignages" sur Twi...X concernant l'écoute de son podcast ; je le relaye ici et vous livre le mien
 
 
Pour ceux qui connaissent, écoutent et apprécient le podcast, ce petit coup de pouce sera le bienvenu pour Nathalie, et pour les autres, mon petit post sera l'occasion de faire une belle découverte.

Voici ma petite "π*R" à l'édifice :
 
Le podcast Tête-à-tête chercheuse(s) représente pour moi une parenthèse mathématique très agréable et une vraie fenêtre sur le monde de la recherche.
Je ne l'écoute pas dans l'objectif d'infléchir ma trajectoire d'enseignante déjà bien établie. C'est pour moi l'occasion d'entendre du positif sur les maths, bien loin des échos dramatiques des médias sur les résultats de la France en maths. Cela me ramène parfois une vingtaine d'années en arrière quand j'étais sur les bancs de la fac Pierre et Marie Curie...
Je découvre quelques parcours atypiques, j'entrevois la recherche en maths sous de multiples facettes riches et contemporaines.
La "carte blanche" est une rubrique à laquelle je prête une oreille particulière, car les interlocuteurs et interlocutrices de Nathalie Ayi y dévoilent régulièrement des thèmes qui me parlent (dernièrement, le syndrome de l'imposteur...). Plusieurs chercheurs et chercheuses invités s'engagent activement pour la place des femmes en sciences ; cela fait écho à mes petites actions "féminisciences" en tant que prof de collège-lycée.
Je connais souvent déjà les "recommandations" de livres, sites et podcasts en fin d'émission et j'y souscris !
Enfin, j'apprécie la bonne humeur communicative de Nathalie Ayi, et le ton accessible des conversations.
Un coup de cœur ? Probablement les épisodes avec Hugo Duminil-Copin. Quel bon médiateur et communicant pour les sciences ! Brillant et modeste, le podcast nous le dévoile comme un homme "normal" qui pourrait être le cousin scientifique sympa et drôle de la famille, ouvert et engagé pour rendre les sciences accessibles à tous et toutes... On est loin de l'image du génie hors-sol.
 
Un regret peut-être pour TaT-chercheuses : le format vraiment long (1 h à 2 h par invité(e) m'empêche d'écouter d'une traite une émission... Petit compromis perso : j'écoute parfois la partie "études / parcours" en vitesse accélérée ;-)

Et vous, vous l'écoutez pour quelles raisons, ce podcast-là ?

5 octobre 2023

"Aimer les maths" par Hugo Duminil-Copin et mes élèves

(c) Scienticfiz 2023
 

La dernière vidéo de Scienticfiz est une interview d'Hugo Duminil-Copin (médaillé Fields 2022), par les élèves du club maths d'Avoine. J'ai présenté cette chaîne YouTube ici.

Ce grand mathématicien est frappant de simplicité, d'accessibilité, d'humour. Il est un excellent ambassadeur pour notre discipline, comme en témoignent ses diverses interactions avec le grand public ou les enseignants :


Il a accepté de parrainer plusieurs événements : 24è Salon des maths ; festival Les Maths dans tous leurs états 2024 organisé par l'association Les Maths en Scène :


Bref, plus je l'écoute et plus je me dis qu'on a de la chance qu'il assume son statut de "rôle-modèle" contemporain.

Aujourd'hui, j'ai donc montré dans mes trois classes de 4è son interview sur Scienticfiz  "Pourquoi aimez-vous les maths ?" en demandant aux élèves ce qu'ils retenaient du point de vue d'Hugo D-C. Détail qui m'a surprise et en même temps réjouie : deux de mes classes ont spontanément applaudi la conclusion "Aimez les maths, qui que vous soyez" !

Les mots-clés que mes élèves ont relevé sont ceux-ci :

  1. Créativité
  2. Liberté
  3. Collectif
  4. Plaisir
  5. Logique
  6. Droit à l'erreur
Nous avons échangé sur ces mots que les élèves approuvent ou comprennent pour la plupart, mais ils ont tiqué sur "collectif". Cela me renvoie à mes pratiques en classe ; j'ai expliqué que le processus collectif c'est certes "travailler au sein d'un groupe" (ce que je fais, mais pas assez souvent au goût de mes élèves), mais qu'il s'agit aussi selon moi de "jouer collectif". S'entraider, patienter quand un élève pose une question, ne pas souffler de réponses, chercher pourquoi un(e) camarade s'est trompé(e) et ce qu'on peut faire pour l'aiguiller sans faire à sa place etc.
Dans la vidéo avec Hugo D-C. j'ai apprécié par ailleurs ses parallèles entre musique et maths (avec les langages qui peuvent paraître ardus, mais qui sont au service de la création) et sport et maths (se tromper, réessayer, progresser, réussir).

J'ai demandé aux élèves de partager ce qu'ils aiment dans les maths et pourquoi. Leurs propositions sont moins "méta" que celles de notre mathématicien de renommée internationale, car elles sont chevillées aux apprentissages scolaires (les notions par séquences), et beaucoup ne s'étaient jamais posé la question => Je me suis dit qu'il y avait quelque chose à creuser pour la rentrée de septembre 2024... 
 
Je vous livre leurs mots et quelques photos de leurs raisons d'aimer les maths en 4è :
 
"J'aime la démonstration, car on raconte l'histoire d'une figure"  
=> j'adore cette manière poétique de le dire !

"Ça m'aide à compter l'argent" 
=> mais pourquoi pas, après tout, c'est utile au quotidien !

"J'aime démontrer, car on fait ce qu'on veut avec des éléments de base" 
=> les maths, c'est un peu comme jouer aux Lego, finalement
 
"C'est comme un jeu, le calcul mental"  
=> promis, je n'ai rien soufflé, mais j'approuve !
 
"J'aime quand je fais travailler mon cerveau"  
=> Le goût de l'effort, ça c'est chouette...

"J'aime les enchainements logique, c'est comme un puzzle, ça s'emboîte bien"
=> La logique est revenue dans de très nombreuses réponses. Je vais essayer d'orienter certaines activités sur ce thème  
 












 

Et pour conclure nos échanges, j'ai saisi la perche tendue par le tableau noir d'Hugo Duminil-Copin pour parler des fractales. 
 
Un seul élève sur 99 connaissait le mot et le concept. Nous avons alors admiré un chou romanesco, des côtes anglaises, un système sanguin pulmonaire ou des fougères glanées dans Google images, puis des arbres de Pythagore, un tapis et un tétraèdre de Sierpinski, des flocons de Von Koch... (souvenirs de l'expo fractales de mon collège en 2020).
 
Tout ceci leur a bien plu. Après tout, pourquoi attendre la semaine des maths pour se faire plaisir ? 
Merci Hugo et Gilles pour cette belle occasion de prendre du recul sur ce qui est beau, stimulant ou intéressant dans les maths ! 

PS : Nous avons aussi mentionné rapidement quelques éléments que nous n'aimions pas ; je leur ai dit que moi non plus je n'aime pas tout dans les maths, qu'il y a des choses qui m'émerveillent et d'autres qui m'ennuient ou que je trouve trop difficiles. Hugo D-C. le dit également dans un épisode de Tête-à-tête chercheuse(s), et Maryam Mirzakhani reconnaissait volontiers que son goût des maths est venu par la géométrie bien plus que par le calcul.
Et j'ai avoué que moi non plus, rédiger une démonstration que j'ai déjà organisée dans ma tête ou par oral de manière claire, cela me paraît contraignant de l'écrire... mais que c'est nécessaire pour la transmission, la trace pérenne, l'évaluation etc.

Scienticfiz : les maths qui pétillent

Hier est sortie la dernière petite pépite de la chaîne YouTube Scienticfiz (4700 abonnés !). Cette chaîne est animée par des élèves du collège d'Avoine, menés par Gilles Gourio, vous savez, cet enseignant de collège dont le portrait est mis à l'honneur dans le tout nouveau musée Maison Poincaré !

Depuis plusieurs années, ce prof de maths boulimique de projets anime un club maths dont l'une des activités principales est de tourner des capsules vidéos à destination du grand public sur les maths, et ceux qui font / ont fait les maths.

Que peut-on voir sur cette chaîne ? Je mets quelques exemples, mais la chaine est très foisonnante, avec 178 vidéos parues à ce jour :

 Courez-y, abonnez-vous c'est vraiment chouette ! 

 

Par ailleurs, le club de Gilles a publié plusieurs numéros d'un magazine scolaire intitulé Le Petit Evariste (n°1 en ligne, n°2 en ligne, n°3 en ligne). Celui-ci est ouvert aux contributions extérieures à l'établissement, avis aux amatheurs qui ont la plume qui les démange !

 Compte Twitter de @Scienticfiz


 

2 octobre 2023

L'île logique et Shtam !


Voilà bientôt deux ans que j'ai découvert la Compagnie l'île logique, dans l'excellent spectacle Galois, Poincaré, mythes et maths aux Journées Nationales de l'APMEP à Bourges.

J'avais vraiment passé un excellent moment en compagnie du duo Dudu (ça fait beaucoup de "du") et de quelques centaines d'autres collègues de maths. Le mélange subtil des jeux de mots, des jeux de scène et des maths m'avait vraiment séduite.

L'île-logique est une compagnie de théâtre burlesque et de clown qui s'est donné pour mission de vulgariser les sciences théoriques et spécifiquement des mathématiques, créée par Cédric Aubouy en 2006. Ses propositions balayent des publics très variés depuis les jeunes enfants jusqu’aux enseignants. Ces dernières années, la compagnie a également  développé des ateliers d’accompagnement à la préparation du Grand Oral en mathématiques, en s’appuyant sur les qualités mises en œuvre via le théâtre. La compagnie est désormais recensée dans les offres Pass Culture du portail Adage à destination des enseignants.

Ces artistes polyvalents ont lancé en 2021 leur chaîne YouTube « !shtaM » (c'est-à-dire Maths ! à rebrousse-poil). Ils proposent des petites clowneries mathématiques où deux personnages, prisonniers d’un étrange vaisseau, philosophent avec une fausse candeur, mais non sans malice, autour de concepts mathématiques variés, à la portée du grand public. Quelques exemples où l’imaginaire permet d'accéder à l’abstraction :

- La commutativité en essayant de permuter un cheval et son cavalier, 

- L'algo avec les boucles d’AdaLovelace, 

- L'infini avec les touristes réveillés en pleine nuit à l’hôtel de Hilbert

Certaines vidéos mettent particulièrement à l’honneur les femmes de sciences, par exemple Emmy Noether et ses invariants, ou les boules de Maryna Viazovska (l'une des médaillés Fields 2022).

Un code couleur permet de situer le niveau mathématique de chaque capsule vidéo. Les trois premières saisons s'intitulent portent les noms des premières lettres grecques, et les épisodes ont une numérotation tout à fait spéciale...

Cédric Aubouy m'a écrit pour me signaler un prestigieux invité dans les prochaines vidéos : un acteur passionné de maths : Thierry Lhermitte ! Incroyable duo en perspective...


Voici un extrait du communiqué de presse de la compagnie : 

 La Compagnie de théâtre L'île logique va diffuser début octobre plusieurs épisodes tournés début septembre avec le comédien Thierry Lhermitte à Grand-Champ.


Passionné de maths, Thierry Lhermitte  a découvert L'île Logique à l'occasion de sa lecture du livre à l'endroit de l'inversion écrit par Cédric Aubouy (préfacé par Cédric Villani) sur l'importance de la démarche clownesque lorsque l'on enseigne ou qu'on cherche en mathématiques.
L'acteur de cinéma et de théâtre est venu début septembre pour tourner plusieurs épisodes vidéos à Grand-Champ où se trouve le siège de la compagnie et qui seront diffusés sur la chaîne YouTube de notre compagnie : !shtaM. Outre les rencontres humaines avec cette personne généreuse, simple et adorable (comédien qui aime les maths) il s'est agi de parler des axiomes, ce qui mène à expliquer ce que veulent dire l'égalité, les opérations, les postulats de la géométrie euclidienne ou les ensembles... 

La première vidéo avec Thierry Lhermitte est ici et porte sur le concept d'égalité.
Pour l'occasion, l'acteur a endossé le costume que porte habituellement David Latini, ce qui peut expliquer l'étonnement de Cédric Aubouy devant l'identité de son comparse.

Tout savoir sur les activités de la Compagnie et dates de spectacles : https://ilelogique.fr/