1 octobre 2010

Ecoutez France culture à 14h aujourd'hui

L'émission s'intitule :

Mathématiques : quelle pérennité pour le prestige français ?

Les mathématiciens français ont reçu de nombreuses fois le Prix Abel ou la Médaille Fields.
La France occupe désormais la première place mondiale dans cette compétition, un cas unique pour la recherche scientifique nationale.
S’agit-il, pour autent, d’une consécration du modèle français de l’enseignement supérieur et de la recherche ? Le jour même de l’annonce des deux nouvelles médailles française, le 19 août, Bertrand Monthubert, secrétaire national à l’enseignement supérieur et à la recherche  du parti socialiste et ancien président de l’association Sauvons la recherche, publiait sur son blog une analyse différente: « Les récompenses décernées aujourd’hui sont le fruit d’une politique déjà ancienne. Celle qui est conduite aujourd’hui se fonde sur des principes opposés aux besoins de la recherche ». Le parti socialiste reproche au gouvernement actuel d’avoir rendu les carrières de chercheurs moins attractives et la détection des nouveaux talents chez les jeunes mathématiciens moins efficace. 
Existe-t-il un modèle français en matière d’enseignement des mathématiques et de recherche dans ce domaine qui peut expliquer le succès remarquable de la France dans cette discipline ?
Quels sont les rôles respectifs des classes préparatoires, de l’Ecole normale supérieure, de l’université, des grandes écoles et du CNRS dans cette réussite ?
Les réformes en cours, en particulier celle de l’université, sont-elles susceptibles de tarir la source des médailles Fields françaises ?

Invités:
Michel Broué, mathématicien, professeur à l’université Paris Diderot,
Pierre Cartier, mathématicien, CNRS/IHES,
Cédric Villani,  mathématicien, professeur à l’Institut Camille Jordan, directeur de l’Institut Raymond Poincaré et médaille Fields 2010 (vidéo)
Dominique Leglu, directrice de la rédaction de la revue Sciences et Avenir,
Bertrand Monthubert, 
mathématicien, Institut de mathématiques de Toulouse,
Wendelin Werner, professeur de mathématiques, université Paris-Sud et Ecole normale supérieure Médaille Fields 2006 et membre de l’Académie des sciences.

7 commentaires:

mathémagicien a dit…

C'est pour quand, le Prix Geffrier?

Sonia Geffrier a dit…

Pour qu'il y ait un Prix Geffrier (sur le modèle des prix Abel et Nobel), il faudrait une ou deux choses :
- Qu'un membre de la famille Geffrier devienne très célèbre en faisant de brillants travaux de recherche,
- Qu'il devienne excessivement riche (en tous cas suffisamment pour pouvoir doter chaque prix d'une somme intéressante) et veuille léguer son bien aux futurs lauréats.

Bref, ce n'est pas prévu dans l'immédiat !

DM a dit…

Il y a deux problèmes:
1) Que les métiers de la recherche soient attractifs pour le public visé.
2) Que la France sache garder ses talents.

Pour le 1), on constate qu'il est difficile d'attirer vers la recherche les étudiants ses écoles "fortes en maths mais à débouchés variés" (p.ex. X et ENSIMAG), parce que les payes sont médiocres, les débouchés incertains, avec une longue période de CDD au début, alors que dans l'industrie les perspective sont meilleures. Autrement dit, les étudiants vont faire des maths financières.

Bon, ok, si quelqu'un fait une ENS c'est en général qu'il veut aller dans la recherche, mais c'est un peu restrictif comme recrutement.

Pour le 2), certaines pratiques académiques françaises peuvent gêner. Je connais le cas d'une ancienne élève de l'ENS qui après une brillante thèse s'est présentée au concours de chargé de recherche au CNRS. Elle a été refusée, du style "elle peut attendre un peu". Résultat: elle oscille maintenant entre Harvard et Princeton, et dispose d'une paye sans commune mesure avec les payes françaises.

Cet exemple est un peu extrême, mais là encore le problème est que l'on traite assez mal les jeunes chercheurs, notamment via une succession de CDD mal payés ou payés en retard, et qu'ils sont tentés de voir ailleurs.

Sonia Geffrier a dit…

On peut aussi élargir le problème n°1 à l'enseignement.
Depuis quelques années (dizaines ?) le recrutement des profs de physique-chimie (et de maths dans une moindre mesure) est très difficile dans l'enseignement secondaire, au moins dans l'enseignement privé.
En effet, des étudiants qui font des études scientifiques et n'ont pas de goût particulier pour la recherche préfèrent passer par des écoles d'ingénieur, pas nécessairement très prestigieuses, plutôt que par la fac.
En effet, les débouchés d'écoles d'ingé sont généralement bien plus rémunérateurs que les carrières dans l'enseignement...
Dans mon lycée depuis au moins 6 ans, nous avons toujours au moins un maitre-auxiliaire, et 0 ou 1 titulaire.

DM a dit…

Il me semble que pour les recrutements dans l'enseignement public, il n'y a pas ces problèmes: il y a un nombre suffisant de candidats (enfin, je peux me tromper). Il est possible que les étudiants ne soient pas suffisamment au courant des modalités de recrutement de l'enseignement privé.

Francesco a dit…

Et pour réécouter l'émission : http://www.franceculture.com/player?p=reecoute-2906641#reecoute-2906641

Sonia Geffrier a dit…

Merci Francesco

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