9 mars 2010

Les mathématiques à l'assaut du crime

Trouverez-vous cet article vraiment convaincant... (et clair) ?

L’équipe de Martin B. Short, du Département de mathématiques de l’Université de la Californie, présente « un système d’équations qui permettrait de déterminer d’avance les endroits où des crimes sont susceptibles de se produire ». Ce système se base sur des évidences tirées de l’analyse des mouvements, des actions et des intentions des criminels. Pour anticiper les crimes dans le temps et l’espace, l’équipe de recherche a utilisé un système mathématique de réaction-diffusion. On peut utiliser cette formule pour plusieurs types de crimes afin de les analyser de façon indépendante, précise t-on. 

Un lieu x dans un environnement y
L’équation mathématique est en elle-même complexe. Les chercheurs identifient dans un premier temps une valeur x, représentant la zone où l’on souhaite analyser le niveau de criminalité. Chaque zone x est caractérisée par les variables x ; y : les cibles et le temps. En somme, le risque de criminalité se calcule en additionnant les variables dynamiques et stables.

Le champ de risque A(x,t) est pour sa part décrit par une variable stable A et une variable dynamique B. La variable A est statique dans le temps mais dynamique dans l’espace, et ne se couple qu’avec le facteur qui représente les cibles. Le facteur B, dynamique dans le temps mais stable dans l’espace, se couple pour sa part au facteur qui représente le temps dans l’équation de base du champ de risque.

Dans un deuxième temps, l’équation considère la densité potentielle des agents criminels. La variable k calcule finalement le potentiel de croissance du crime dans une zone x.

L’utilité de l’équation pour les forces policières repose de ce fait sur le facteur de croissance du crime qui révèle les forces d’attraction qui motivent les criminels à revenir dans les zones ou des crimes ont été commis avec succès.

L’étude souligne par ailleurs que bien que le crime soit un fléau qui touche toutes les villes modernes, tous les quartiers n’en sont pas affectés au même niveau. Les analyses de mouvement de l’étude permettent donc d’identifier plus précisément ces zones, et les équations formulent une hypothèse quant aux autres endroits avoisinants où les activités criminelles pourraient se déplacer. M. Short fait valoir que les conséquences de l’incompréhension des méthodes de détection des zones à risque  retombait jusqu’à présent sur les épaules des agences policières.

Encore aujourd’hui, on peine à cibler les endroits où il faut mobiliser du personnel en Californie. Si les policiers ne sont pas assez répressifs dans les zones  à risque, la criminalité augmente en raison de la mauvaise répartition du personnel policier, mentionne Short. « Si un plus grand nombre de policiers était dépêché dans les zones à risques découvertes par nos méthodes mathématiques, il serait possible de faire diminuer le crime »,  conclut M. Short, justifiant l’utilité de son équation.

Source : Impact Campus (Canada) 


8 commentaires:

A-C a dit…

Euh...nan ;-) Je pense que soit ils ont trop fumé soit ils ont trop regardé le film Minority Report...

Loïc a dit…

Pour moi, il s'agit juste de mettre sous forme d'une pseudo-équation, ce qui est déjà largement utilisé par les forces de sécurité : on connaît les zones criminogènes statiques. A partir des axes de communication (l'aspect dynamique), on peut analyser assez finement les zones où seront finalement commis les crimes et délits. Ex : certains lieux à Paris et autour sont maintenant connus pour leurs affrontements entre bandes ou leurs trafics en tous genres : la gare du Nord, la Défense, les Halles. Pourquoi ? A bien y regarder, ce sont des noeuds de communication pour toute l'agglomération parisienne. : Un délinquant moyen ne va pas faire 500 km à pied pour commettre des méfaits : il utilise des moyens de transports et ne va pas si loin. Pour autant, je suis très sceptique : cette soit-disant exactitude donne à croire que ce serait simple de prévoir la commission des délits. Or il y a des aspects irrationnels ou conjoncturels assez puissants. Et ce qui est piégeux c'est qu'on ne connaît pas les différentes variables qui sont pourtant le postulat de la résolution de l'équation. Comment donc se servir d'une équation dont on ne connaît pas les tenants ?

Sonia Geffrier a dit…

Merci Loïc pour ton avis de pro.
Je pense que cet article est ultra réducteur par rapport aux vraies recherches (vulgarisons, vulgarisons, et donnons un titre accrocheur).

Anonyme a dit…

Et de petites confusions dans les noms des variables...

Sonia Geffrier a dit…

Oui, moi aussi j'ai trouvé les variables bizarre. Un k qui sort de nulle part par exemple...

temps a dit…

De tout temps les liseurs de bonnes aventures et bonimenteurs ont essayé de trouver du crédit en diverses sciences. Ici la tentative est faite à l'aide d'un système mathématique, comme si les mathématiques pouvaient avoir un caractère d'absolue !
Cordialement

DM a dit…

Non, car dès le début on sent le manque de sérieux. Le « Département de mathématiques de l’Université de la Californie », cela n'existe pas. L'Université de Californie est découpée en différents sites (Berkeley, Santa Cruz, Los Angeles...) très largement indépendants, lesquels ont chacun leur département de mathématiques.

En l'espèce, Martin B. Short est à UCLA (Los Angeles).
http://www.math.ucla.edu/~mbshort/

La partie mathématiques semble l'image d'un exposé de maths élémentaires par la fonction « réécriture par un journaliste ».

À vue de nez, il fait une sorte de modèle particulaire du crime, il l'approxime avec des grandeurs continues et il fait de la mécanique des fluides dessus. Reste à savoir si ça modélise bien la réalité.

Toute recherche en mathématiques ou physique qui prétend avoir des résultats sociaux bénéficie d'un bonus dans les médias, voire les financements...

Sonia Geffrier a dit…

Merci DM pour ces précisions.

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